Voyage loin des foules à Tulum au Mexique

Proche des bien-connues villes balnéaires de Cancun et Playa del Carmen, Tulum a toujours cultivé une image hippie-bohème. Ces dernières années, Tulum a connu un certain essor : elle est devenu une destination incontournable de la péninsule du Yucatan pour les adeptes du farniente et des plages idylliques aux sables blancs et eaux turquoises. A la différence de ses voisines, il existe une façon de découvrir la ville et sa région à l’écart des foules. Tulum est idéalement placée à proximité de nombreux sites d’intérêt : ruines mayas, circuits gastronomiques, cenotes cachés et biodiversité au naturel, les options qu’elle offre sont nombreuses et pour tous les goûts. Il est encore temps de découvrir la Riviera Maya loin des sentiers battus.

Une forteresse au bord de l’eau

Tulum, qui signifie “murailles” en Maya,  est l’unique cité qui a été construit en bord de mer par la civilisation préhispanique. Les premières traces de peuplement remontent à la fin du XIIe siècle et la ville connut un grand essor à partir de 1200 jusqu’en 1450 avec l’arrivée des colons espagnols. La ville se distingue des autres cités mayas par la présence de trois murs d’enceintes.

Aujourd’hui, les ruines de Tulum comptent parmi les trois sites maya les plus visités du Mexique et c’est l’un des monuments les plus photographiés. Tulum est également connu pour sa plage de sable blanc, ses couchers de soleil spectaculaires et ses spots de plongée sous-marine. Station cachée et refuge pour des hippies et artistes bohèmes, Tulum est désormais l’une des cartes postales incontournables à découvrir dans la péninsule du Yucatan au même titre que Chichen Itza ou Mérida.

La ville s’organise entre le centre-ville et la plage. Le premier concentre les taquerias bon marché et autres commerces, et les habitations, tandis que le long de la plage s’étendent exclusivement les hôtels et les restaurants destinés aux touristes. Le centre-ville se situe à une dizaine de minutes en voiture de la plage, une trentaine de minutes en vélo.

Découvrir la gastronomie locale

La réputation de la gastronomie mexicaine s’étend au-delà de ses frontières et ce n’est pas pour rien qu’elle a rejoint le patrimoine culturel immatériel de l’Unesco en 2013. Et même si les restaurants le long de la plage ne manquent pas et rivalisent pour proposer une cuisine internationale souvent à un prix élevée, le centre-ville propose des options plus typiques à un prix plus raisonnables.

De fait, plusieurs taquerias sont de véritables institutions telles que la Taqueria Honorio (. Ici se cuisine une spécialité de la cuisine yucatèque : la cochinita, du porc macérés dans des oranges amères et ensuite rôti et servi dans galettes de maïs. Les tacos de lechon sont également renommés parmi les locaux. La Pozoleria La Mexicanita sert quant à elle le pozole verde, soupe traditionnelle préhispanique au maïs.

A bonne distance des restaurants touristiques, Eating with Carmen  propose des tours culinaires effectués par des locaux. Au programme, une balade de trois heures dans le centre-ville pour découvrir les saveurs authentiques de la cuisine mexicaine. L’occasion de goûter les tacos de guisado, les tamales et le mole sur le marché local. La visite du marché aux fruits ne peut manquer pour compléter l’expérience et se rafraîchir avec un agua fresca.

Un site mayas à couper le souffle

Tulum est connu pour ses vestiges surplombant la mer, un cadre hors-du-commun et unique pour des ruines maya. Toutefois, à l’instar de Chichen Itza, le site reçoit un afflux touristique chaque jour conséquent et pour profiter des ruines sans la foule, il est fortement conseillé de s’y rendre à l’ouverture à 8 heures du matin. Les cars et autres tours organisés arrivent après 9 heures. Le site dispose d’une petite plage où il est possible de se baigner si la mer n’est pas trop agitée.

Coba est une autre option de visite de ruines située à moins de 50 kms de Tulum. Le changement de décor est radical, l’ancienne cité se trouve au cœur de la jungle tropicale. Coba a été construit durant l’ère classique Maya, plusieurs siècles avant Tulum. La cité a compté jusqu’à 50.000 habitants et s’étendait sur 80kms2, et elle reste encore largement inexplorée du fait de nombreuses structures encore recouvertes de végétation dense. Le site est très étendu et se compose de trois zones principales : le Nohoch Mul, la pyramide principale, Conjunto Pinturas, la zone spirituelle, et Macanxoc, près de la lagune qui porte le même nom. Pour les relier, il est possible de louer des vélos dans le village de Coba. Contrairement à de nombreux sites Maya, il est possible de gravir les escaliers de la pyramide qui culmine à 42 mètres de haut, l’édifice préhispanique le plus haut de la péninsule. L’ascension difficile des 120 marches vaut l’effort !  Au sommet se découvre un point de vue remarquable sur les alentours et notamment les deux lagunes situées à proximité.

Plonger dans un cenote

La péninsule du Yucatan ne se limite pas aux plages paradisiaques, il y a aussi les cenotes ! Ces derniers sont des puits ou grottes gorgées d’eau douce dans lesquels il est possible de se baigner et faire de la plongée. Cette formation géologique est typique du Yucatan, l’estimation du nombre de cenotes peut atteindre les 10.000, dont seulement une infime partie est accessible au public. Sacrés pour les Mayas, les cenotes sont des écosystèmes uniques, très fragiles et parfois mis en danger par l’exploitation touristique déraisonnée. Il est essentiel de respecter quelques règles afin de les protéger. Les crèmes solaires, même biodégradables, ainsi que les répulsifs contre les insectes sont à proscrire avant la baignade.

Au même titre que Mérida ou Valladolid, Tulum compte plusieurs cenotes à proximité. Le Gran Cenote et le Cenote Dos Ojos sont les plus touristiques de la Riviera Maya. D’autres options, moins connues sont accessibles. Pour accéder aux cenotes, vous n’êtes pas obligés de passer par un tour organisé. Il est possible d’y aller de manière indépendante si vous avez une voiture, en louant des vélos ou alors en taxi. Dans la majeure partie des cas, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée.

Le Cenote Taak Bi Ha, aussi écrit Tak Be Ha, est, pour l’instant, un cenote relativement peu touristique. C’est un cenote fermé, c’est-à-dire une grotte, où émergent stalagmites et stalactites, des racines d’arbres, des puits de lumière et une eau cristalline.

Les cenotes Crystal et Escondido, sont deux cenotes proches l’un de l’autre et accessibles en payant un seul droit d’entrée. Ils se trouvent à courte distance du sud du centre-ville de Tulum sur la route 307. Ce sont des cenotes dits ouverts et ils se prêtent bien au snorkeling. Avec un peu de chance, il est possible d’observer des poissons et des tortues d’eaux douces. A quelques kilomètres vers le sud, se trouve la lagune Kaan Luum. Elle est une oasis de fraîcheur dans la jungle épaisse.

Le cenote, de 86 mètres de profondeur situé au centre de lagune, est accessible pour les plongeurs confirmés. Toutefois, il est possible de profiter les eaux peu profondes qui l’entourent. La différence de couleurs d’eau entre le centre et les abords est saisissante vue depuis le ponton qui s’avance. L’endroit est prisé par les familles mexicaines le week-end, il est préférable de s’y rendre en semaine.

Sian Ka’an, un refuge pour la biodiversité

Littéralement « Porte du ciel » en Maya, Sian Ka’an est une réserve naturelle située au sud de Tulum. Elle figure au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987. C’est un lieu de plus de 500.000 hectares mêlant forêt tropicale, marais et plages désertes. Il faut compter une journée entière pour la visite. Sian Ka’an est un refuge pour la faune avec notamment plus de 300 espèces d’oiseaux. Les paysages et les couleurs, toute une palette de bleus et de verts, changent en permanence entre la mangrove et la lagune. La réserve est accessible à vélo, il faut prévoir de l’eau en quantité et de la crème solaire.

Point d’entrée de la réserve et premier site d’intérêt : les ruines de Muyil. Perdues dans la jungle, ces ruines ont une ressemblance par leur architecture avec le site de Tikal au Guatemala . Il est possible d’emprunter un chemin pour rejoindre la lagune du même nom à quelques encablures. Il est possible de réserver sa place dans une petite embarcation afin de découvrir la mangrove, la lagune et les canaux creusés par les Mayas.

Boca Paila est une autre étape de la réserve, beaucoup moins connus, ici les eaux vertes de la lagune se mélangent avec les eaux turquoises de la mer. Aussi tentant que cela soit, la présence de crocodiles interdit formellement la possibilité de se baigner ! Il est possible de continuer la route jusqu’à Punta Allen, un village de pêcheurs de homards.

Ce dernier se trouve à une cinquantaine de kilomètres de Tulum, aussi faut-il prévoir un certain temps si vous y aller en vélo. Une fois sur place, les excursions en mer sont un point fort du village. Elles permettent d’observer une multitudes d’animaux marins : lamantins, dauphins, tortues marines dans leur milieu naturel. Le village tout au bout de la réserve a un parfum de bout du monde, il est possible d’y passer la nuit. Quoi de mieux pour sortir des sentiers battus !

 

Auteur: Antoine Duriez