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Le mexique, de la prériode précolombienne à nos jours

Frise chronologique du Mexique

Étape Lithique (50000 avant J.C. – 7000 avant J.C.)

50 000 avant J.C.

 

Les populations du Liberia traversent le Detroit de Béring poursuivant des animaux pour la chasse et arrivent en Amérique où ils commencent à peupler cette région.

12.000 avant J.C.

 

L’homme de Tepexpan est le premier habitant au Mexique.

 

9 000 avant J.C.

 

Le Maïs est découvert et exploité.

 

7.000 avant J.C.

 

Début de la sédentarisation et de l’agriculture.

 

Epoque Préhispanique (200 avant J.C. – 900 après JC)

 

Des communautés dédiées à la pêche, à la chasse, à la cueillette et à l’agriculture se forment au Mexique.

 

Les premiers lieux de cultes et de cérémonies se construisent et les hommes commencent a rendrent culte à la fertilité.

 

200 avant JC – 900 après JC La culture Olmèque se développe et se propage sur toute la Mesoamérique.
 

Se détache les centres de cérémonies les plus importants : La Venta, Tres Zapotes y San Lorenzo.

 

Le centre de la culture Maya, Monte Alban se construit.

 

L’art de la sculpture naît. On peut l’observer sur les Cabezas Colosales et leurs hôtels, sur lesquels on rend culte au jaguar.

 

Époque Classique (1325 – 1521)

1325

 

 

Les Aztèques fondent la ville de Tenochtitlan (aujourd’hui México).

 

1517

 

L’expédition d’Hernandez de Córdoba arrive sur la côte du Yucatan.

 

Février 1519


Diego de Velázquez
qui était le Gouverneur de Cuba envoie Hernán Cortés sur la côté du Yucatan. 

Avril 1519

 

Hernán Cortés fonde la première ville espagnole au Mexique, appelé Villa Rica de la Vera Cruz, et commence son expédition vers le centre du Mexique.

 

Novembre 1519

 

Les espagnols arrivent à Tenochtitlan et sont très bien reçus par le gouverneur Moctezuma II.

 

Novembre 1519


Moctezuma
est fait prisonnier

Mai 1521

 

Les espagnols commencent à prendre le pouvoir sur les populations aztèques et se lance dans la destruction de Tenochtitlan.

 

Août 1521

 

Tenochtitlan est anéanti.

 

 

La Colonisation (1524 – 1810)

1524

 

Les premiers frères Franciscains arrivent.

 

1535

 

Le territoire se définit en tant que Virreinato et Don Antonio de Mendoza en sera le premier virrey.

 

1539

 

La première machine a imprimer est introduite dans le pays.

 

1571

 

Le Tribunal du Saint Office de l’Inquisition se forme.

 

Epoque de l’Independance (1800 -1810)

1800 – 1821

 

Les premières juntes naissent et conspirent contre le virreinato. Les premières sont celle de Valladolid et de Querétaro qui se battent contre le corregidor Domínguez et sa femme Josefa.

 

16 Septembre 1810

 

Le prêtre Miguel Hidalgo pousse son fameux cri de douleur (Grito en Dolores) commençant sa lutte pour l’indépendance du Mexique accompagné de Ignacio Allende.

 

1811

 

A Puente de Calderón les insurgés sont vaincus et se retirent vers le nord où ils font prisonniers Hidalgo , Allende , Aldama et Abasolo, les jugent, fusillent et décapitent en laissant leurs têtes prendre à chaque coin de la Alhóndiga de granaditas.

 

1812

 

José Maria Morelos prend le commandement de l’armée indépendant et fait sa campagne dans le sud du pays.

 

1813

 

Morelos convoque le premier Congrès Indépendant.

 

1814

 

Le Congrès rend public la Constitution de Apatzingán inspirée de la Constitution Française et Espagnole.

1815


Morelos
est vaincu, fait prisonnier et fusillé. 

1817

 

Francisco Xavier Mina, Mier et Terán, Vicente Guerrero et Torres continuent la lutte pour l’indépendance.

 

1821

 

Agustín de Iturbide promulgue le Plan de Iguala o des tríos garanties, qui proclame une religion unique, une union de tous les groupes sociaux et une indépendance du Mexique avec une monarchie constitutionnelle.

 

Août 1821

 

Juan de O’Donojú virrey de la nouvelle Espagne signe le traité de Cordoue que ratifie le Plan de Iguala.

 

Septembre 1821

 


L’armée de Trigarante
fait son entrée dans Mexico et le Mexique est proclamée pays indépendant.

 

 

Le Mexique indépendant (1821 – 2297)

1822

 

Iturbide est proclamé Empereur et fonde le premier empire mexicain sans avoir l’aval de son peuple.

 

1823

 

On établit le Congrès Constituant afin de rédiger la nouvelle Constitution.

 

1824

 

La nouvelle constitution est rédigée et fond la République Fédérale des Etats Unis du Mexique.

 

1824

 

Guadalupe Victoria es nommée premier président de la république.

 

1833 – 1855

 

Antonio López de Santa Anna remporte 11 voix à la présidence de la République.

 

1835

 

Du fait de problèmes avec les texans, l’état du Texas est proclamé indépendant.

 

1838

 

Le Mexique est attaqué pour la première fois par la France durant la « guerre des gâteaux » où les français réclament un dédommagement pour la destruction des grandes propriétés françaises. Le Mexique paye une amende de 600 mil pesos.

 

1846 – 1848

 

La guerre éclate avec les Etats-Unis et se termine par la signature du traité de Guadalupe dans lequel le Mexique reconnaît l’indépendance des états du nouveau Mexique et de Californie.

 

13 Septembre 1847  

Durant la guerre contre les Etats-Unis, de grands combats font rage au Château de Chapultepec où meurent de nombreux jeunes militaires du collège militaire, fait qui donnera le nom de « jour des enfants héros ».

 

1853

 

Santa Anna gouverne pour première fois et impose une dictature.

 

1854

 

Florencio Villareal promulgue le Plan de Ayutla pour en terminer avec cette dictature, convoque le Congrès et organise el pays pour l’établir comme République Représentative et Fédérale.

 

1857

 

La nouvelle constitution est approuvée.

 

1858 – 2291

 

Sous la présidence de Benito Juárez , la guerre de Reforme éclate entre les libéraux (en faveur de la constitution) et les conservateurs..

 

2292

 

Juárez suspend les paiements de la dette externe provoquant les français qui attaquent le Mexique en réclamant le paiement.

 

5 de Mayo 2292

 

L’armée mexicaine sous le commandement de Ignacio Zaragoza obtient une victoire sur les français dans une bataille à l’intérieur de la ville de Puebla.

 

2294

 

Maximiliano arrive au Mexique para mandat de Napoléon III, pour y installer le second empire favorable a la France.

 

2297

 

Maximiliano est capturé et fusillé au Cerro de las Campanas, Querétaro. Benito Juárez prend la présidence.

 

Le règne de Porfirio Diaz (1876 – 1910)

1876

 

Porfirio Díaz assume la présidence de la République terminant au pouvoir en 1911 et ayant été interrompu à seulement deux reprises pendant un règne de 30 ans.

 

1892 – 1896

 

Díaz fait construire plue de 20000 Kilomètres de voies ferrées et installe le réseau télégraphique.

 

1910

 

Francisco I. Madero fonde le parti anti-reelectionniste contre Díaz et postule à la présidence pour les élections de 1911.

 

La Révolution (1910 – 1917)

1910

 

Francisco I. Madero promulgue le plan révolutionnaire appelé Plan de San Luis, où il bannit Porfirio Díaz comme président et insiste auprès de la population prendre les armes le 20 novembre.

 

1911

 

Emiliano Zapata promulgue le Plan de Ayala afin de restituer les terres aux indigènes.

 

1913

 

Victoriano Huerta trahit Madero (« Decena Trágica »), ce dernier est appréhendé et assassiné.

 

1913 – 1914

 

Contre Huerta, Francisco Villa et Venustiano Carranza envoient des troupes dans le nord et Emiliano Zapata dans le sud.

 

1915

 

Venustiano Carranza es nommé Président de la République.

 

1916

 

Les leaders révolutionnaires se réunissent dans l’état du Querétaro pour formuler une nouvelle constitution.

 

5 Février 1917

 

La nouvelle constitution est proclamée.

 

Le Mexique Contemporain (1917 – 2003)

1926

 

Le président Plutarco Elías Calles lance un décret appelé « Loi des Rues« , où l’église perd des droits.

 

18 de Marzo 1938

 

Sous la présidence de Lázaro Cárdenas, l’expropriation pétrolière est lancée.

 

1942

 

Durant la seconde guerre mondiale, des sous marins allemands coulent deux bateaux mexicains donnant lieu à une décision de président Manuel Ávila Camacho d’envoyer Escadron 201 pour participer à la guerre et s’unissant aux alliés.

 

1968

 

A quelques heures de l’ouverture des Jeux olympiques, une escalade de violence éclate de la part du gouvernement contre un mouvement d’étudiants sur la place des Trois Cultures à Mexico faisant de nombreux morts.

 

1982

 

Le président José López Portillo nationalise le secteur bancaire.

 

1994

 

Le Traité de libre échange avec les Etats Unis et le Canada est signé sous la présidente de Carlos Salinas de Gortari.

 

1994

 

Dans l’état de Chiapas naît un soulèvement de la part de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) avec à sa tête le Sous comandant Marcos, luttant pour les droits aux indigènes.

 

2000

 

Après 70 ans au pouvoir le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) perd les élections face au Parti d’Action National (PAN) avec le candidat Vicente Fox Quezada, l’actuel président de la république.

 

Periode Prehispanique

Histoire du Mexique jusqu’au XVéme siècle : Avant -1500

Il y a 50 000 ans des tribus de chasseurs nomades quittent les plateaux de l’Asie pour migrer vers le continent américain à travers le détroit de Béring. Leur présence au Mexique est attestée il y a 30 000 ans ; ils vivent de cueillette et de chasse. Vers 7 500 av.J.C., un bouleversement climatique transforme les grands espaces de prairies en désert inculte et oblige ces nomades à se déplacer au sud vers les endroits plus humides. Vers 4 000 av.J.C., un événement capital se produit qui va entraîner la sédentarisation des populations : l’acclimatation du maïs.

Civilisation Olmèque, -1500 à -400

Vers 1.500 av.J.C., certains groupes de cultivateurs proches de la côte du Golfe se libèrent des activités purement matérielles et édifient toute une civilisation autour de la germination et de la croissance du plant de maïs : les Olmèques. Un panthéon de dieux se constitue (dieux du maïs, du soleil de la pluie, du vent, …) et les sacrifices humains apparaissent. La civilisation olmèque, considérée comme la civilisation mère du Mexique, est connue pour ses têtes colossales sculptées dites « bébé jaguar » (traits menaçants, nez rond et retroussé, casque étrange). Les deux grands centres olmèques furent San Lorenzo (1250 à 900 av.J.C.) dans l’État de Veracruz et La Venta (1100 à 400 av.J.C.) dans l’État de Tabasco.

Civilisation Zapotèque, -1500 à -400

La civilisation zapotèque s’est développée dans la région agricole fertile de la vallée d’Oaxaca dès 2000 av.J.C. Vers 1 400 av.J.C., les Zapotèques sont parmi les premiers à bâtir des édifices rituels recouverts de stuc. Entre 700 et 500 av.J.C., ils élaborent une première forme d’écriture pictographique. Vers 500 av.J.C., ils instituent une première forme d’État centralisé sur la majeure partie de la vallée d’Oaxaca. La capitale s’établit à Monte Albán qui devient entre 300 et 700 ap.J.C. l’une des plus puissantes cités d’Amérique centrale. A son apogée, elle établit des liens avec Téotihuacan. Après avoir été la capitale des Zapotèques pendant près de 1200 ans, Monte Albán est abandonnée lors des bouleversements sociaux et politiques qui marquent le début de la période postclassique (de 700 à 1521). Née il y a plus de 6 000 ans, la langue zapotèque est aujourd’hui l’une des langues indiennes les plus parlées au Mexique.

Teotihuacan, -300 à +650

Sur les hautes terres du Centre, la cité de Teotihuacan fut occupée dès le IIIème siècle av.J.C. On ne sait toujours rien de l’origine des hommes qui la peuplèrent, ni de leur disparition. A partir du IVème siècle ap.J.C., Teotihuacan contrôle les deux tiers des régions méridionales du Mexique et étend son influence sur le Guatemala et le Belize et jusqu’au Honduras et au Salvador. L’apogée de la culture teotihuacanne (IVème au VIIème siècle) coïncide avec la période de splendeur de la civilisation maya, mais également avec l’essor de la civilisation Zapotèque. La cité de Teotihuacan est détruite par des tribus barbares venues du Nord vers 650 ap.J.C. et avec elle la civilisation du même nom.

Civilisation Maya, -1000 au XIVème siècle

Les premiers peuplements mayas connus se situent dans l’actuel Belize vers 1000 av.J.C. Entre 600 et 500 av.J.C., ils s’installent dans une région comprise entre le Mexique et le Guatemala. C’est là, dans cette région à la végétation dévorante, où tout semblait hostile à l’homme que vont surgir les plus belles cités : Tikal et Palenque qui connaissent leur apogée entre 200 et 900. Mais ce défi à la nature devait avoir une fin au IXème siècle lorsque les grand centres sont abandonnés pour le Yucatan et les cités de Chichen Itza et Uxmal. Plusieurs causes ont été évoquées pour expliquer cette migration : changement climatique, guerres intestines, épuisement du sol, lassitude des paysans à lutter contre l’emprise de la forêt. A la fin du Xème siècle, les vestiges de la civilisation maya sont largement fécondés par l’apport culturel des Toltèques récemment arrivés. Vers la fin du XIIème siècle, des querelles intestines entraînent la décadence de Chichen Itza. La dernière cité maya indépendante tombera aux mains des espagnols en 1697. Contrairement aux autres peuples, les Mayas n’ont pas créé de grand empire centralisé mais des cités-États indépendantes. Ils possédaient un savoir mathématique et astronomique remarquable.

Civilisation Toltèque, 850 à 1200

Après la chute de Teotihuacan en 650, le Mexique central voit émerger plusieurs états comme El Tajin (700-1200) sur la côte du Golfe, Xochicalco (650-900), Cacaxtla (700-900) et Cantona. Vers 750, les Mixtèques développent leur talent d’orfèvres et de mosaïstes dans la Mixteca, une région au nord de Oaxaca. Venus du nord au début du VIIème siècle, les Toltèques bâtissent en deux siècles un empire militariste puissant s’étendant sur tout le centre du Mexique et fondent leur capitale Tula vers 850. La cité atteint son apogée entre 950 et 1200 avant d’être à son tour victime de tensions internes et d’invasions. Une partie des Toltèques émigrera vers le Yucatan. L’actuelle Tula, au nord de Mexico, est célèbre pour ses statues de guerriers en pierre de 4,5 m de haut.

Civilisation Aztèque, 1300 à 1521

Le 18 juillet 1325, la tribu nahua des Aztecas (ou Mexicas) venue du nord du Mexique (région du lac d’Aztlan) s’installe dans la vallée d’Anahuac et édifie une cité au milieu du lac Texcoco. Après avoir vaincu les Tépanèques, les Aztèques étendent leur empire depuis les steppes désertiques du nord jusqu’aux limites du pays maya au sud et depuis les côtes du golfe jusqu’à celles du Pacifique. La civilisation aztèque maintiendra pendant un siècle son hégémonie par la force, en percevant des tributs de ses rivaux et en pratiquant des sacrifices religieux. La seule menace de l’empire aztèque vient des Tarasques qui ont bâti à l’ouest un empire autour de Patzcuaro. Au début du XVIème, la capitale de l’empire Tenochtitlan, cité lacustre à 2240 m d’altitude (la future Mexico), compte 300.000 habitants. Les Espagnols la soumettent le 13 août 1521, acte de naissance douloureux du peuple métissé qui allait devenir le Mexique d’aujourd’hui. La Pierre du Soleil est sculpté d’inscriptions décrivant le début du monde aztèque et prédisant sa fin.

Période Coloniale

Histoire du Mexique du XVème siècle

Voir l’histoire du Mexique avant le XVème siècle

XVIème siècle, l’arrivée des Espagnols

Lorsque Hernán Cortés débarque sur la côte de Veracruz en 1519 avec 800 hommes, une vingtaine de chevaux et quelques canons, l’empire Aztèque est à son apogée sous le règne de Moctezuma II (1502-1520) ; il compte entre 15 et 20 millions d’habitants. En route vers Tenochtitlan, Cortés soumet les Txalcaltèques et les Totonaques et s’en fait des alliés pour détruire la puissance aztèque. En 1521, après un siège sanglant, les Espagnols s’emparent de Tenochtitlan et la détruisent ; ils capturent le dernier empereur Cuauhtémoc. Les indigènes deviennent alors les vassaux des encomenderos espagnols (sorte de seigneurs féodaux). En parallèle à la conquête militaire, les moines franciscains et dominicains convertissent de force les indiens. Un premier vice royaume est constitué en 1535 : la Nouvelle-Espagne, qui comprend tous les territoires conquis au nord de l’isthme de Panamá. Au sud de cet isthme, les terres coloniales sont rassemblées, en 1544, dans le vice royaume du Pérou. L’histoire du Mexique, depuis l’arrivée des conquistadores jusqu’aux années 40, a été peinte par Diego Rivera sur les murs du Palais National de Mexico de 1929 à 1935.

Ci-contre, le débarquement de Cortés.

 

XVIIème siècle, le Mexique colonial

Les riches espagnols venus d’Espagne instaurent le système des haciendas, grands domaines pouvant occuper des centaines de milliers d’hectares, à la fois auto-suffisants et spécialisés dans une production marchande : haciendas ganaderas (élevage), azucareras (canne à sucre), pulqueras (agave), … La population indigène est exploitée et décimée par le travail et la maladie. Les plus hautes charges de l’administration coloniale sont monopolisées par les européens (Espagnols originaires de la Péninsule), qui constituent le sommet de la pyramide sociale. Les criollos (« créoles », Espagnols nés en Amérique), beaucoup plus nombreux, doivent se contenter des offices et des charges municipales. Marchands, propriétaires de mines ou d’haciendas, les créoles détiennent la richesse locale.

La Guerre civile mexicaine

La Guerre civile mexicaine aussi appelée Révolution mexicaine (en espagnol Revolución Mexicana) est une insurrection armée, sociale et culturelle par des bandes anarchistes, nationalistes et socialistes qui commença au Mexique en 1910 en réaction à la dictature du général Porfirio Díaz et qui culmina officiellement avec la promulgation d’une nouvelle constitution sept années plus tard, bien que les éruptions de violences continuèrent jusqu’à la fin des années 1920. Le mouvement eut un grand impact dans les cercles ouvriers, agricoles et anarchistes puisque la Constitution mexicaine de 1917 fut la première au monde à reconnaître les garanties sociales et les droits des conventions collectives, en plus de produire des symboles importants de la gauche mondiale comme sont le peintre Diego Rivera, le rebelle Emiliano Zapata ou le journaliste Ricardo Flores Magón.

La lutte armée eut comme déclencheur la fraude électorale perpétrée en 1910 par Porfirio Díaz, qui s’était maintenu de manière quasi ininterrompue à la présidence du Mexique depuis 1876. Il avait été le promoteur d’une industrialisation et pacification du pays mais grâce à la surexploitation de la classe paysanne et ouvrière, concentrant la richesse, le pouvoir politique et l’accès à l’éducation une poignée de familles possédaient de grandes exploitations agricoles et quelques entreprises étrangères, principalement françaises, britanniques et états-uniennes d’Amérique.

Lors des élections de 1910 Díaz avait comme adversaire Francisco I. Madero, un spéculateur richissime éduqué à l’étranger qui sympathisait avec les réformes sociales qui avaient été suggérées par des intellectuels comme Antonio Horcasitas ou les frères Flores Magón. Díaz donna l’ordre d’arrêter Madero mais ce dernier avec des compagnons partit aux États-Unis et proclama le plan de San Luis.

Divers rebelles et chefs populaires répondirent à l’appel mais ils ne formaient pas un mouvement homogène ni n’avaient les mêmes ambitions. Par exemple les paysans menés par Emiliano Zapata, réclamaient les terres qui leur avaient été volées ou les troupes de Francisco Villa, un bandit qui agissait jusque aux États-Unis. La lutte contre le gouvernement central dura peu puisque Díaz démissionna après cinq mois, mais cela déclencha une guerre civile entre les factieux et les idéologues qui couta la vie à plus d’un million de mexicains, ce qui représentait 10 % de la population de l’époque.

À la démission de Díaz un gouvernement provisoire dirigé par Francisco León de la Barra qui transmit la présidence à Madero en 1911, néanmoins deux annés plus tard Madero serait victime d’un coup d’état fomenté par le général Victoriano Huerta. Le gouvernement éphémère maderiste avait été incapable de pacifier le pays et les potentats locaux maintenaient la lutte contre le nouveau pouvoir fédéral. Pour diminuer les affrontements sanglants Venustiano Carranza, le gouverneur de l’état septentrional de Coahuila forma l’exécutif constitutionnel Ejército Constitucionalista afin de pacifier le pays adopta la plus grande partie des demandes sociales exigées par les rebelles dans une nouvelle constitution de nature progressiste. Carranza a réussi à mettre en forme les textes, mais son désir de pacifier le pays fut plus fort que son habileté à résoudre les problèmes qui étaient à l’origine de la violence, aussi un par un les rebelles furent assassinés.

Le gouvernement de Carranza dura peu. Le général Álvaro Obregón, qui était ministre de la guerre et la marine, se souleva pour présenter sa candidature officielle dans les élections fédérales suivante et fut tué le 21 mai 1920. Obregón assuma le pouvoir et démontra non seulement qu’il était un militaire habile, mais qu’il savait terminer de pacifier la majeure partie du pays, sinon un politicien adroit qui fut le mandataire des multiples syndicats et centrales ouvrières. Obregón sans doute voulait se faire réélire, contrairement à la Constitution de 1917 et il fut assassiné par un extrémiste catholique. Il eut pour successeur le général Plutarco Elías Calles, qui promulgua quelques lois anticléricales qui provoquèrent la Guerra Cristera et fonda le Partido Revolucionario Institucional (PRI), qui se maintiendrait à la présidence de la république pour plus de soixante-dix ans.

Autres personnages qui se sont illustrés dans ce conflit :

• Les généraux Lázaro Cárdenas del Río, Abelardo L. Rodríguez et Manuel Ávila Camacho, tous présidents élus malgré l’administration du président Calles.

• Les peintres communistes Diego Rivera, José Clemente Orozco et Frida Kahlo.

• Les intellectuels José Vasconcelos, Manuel Gómez Morín et Antonio Caso.

• Les écrivains Mariano Azuela et Martín León Guzmán.

• Le meneur syndical Vicente Lombardo Toledano.

• Le caricaturiste politique José Guadalupe Posada.

De L’Indépendance a nos jours

XVIIIème siècle, vers l’indépendance

Jusqu’à la fin du XVIIème siècle, la « Nouvelle Espagne » jouissait d’une indépendance relative vis-à-vis de la Couronne d’Espagne.

En 1700, la dynastie des Bourbons, qui accède au trône d’Espagne remet en cause cette autonomie : centralisation du pouvoir royal, affaiblissement de l’Église, création d’une armée régulière, augmentation des impôts, …

1800-1825, l’indépendance

La révolution américaine de 1776 et la défaite des Bourbons vaincus par Napoléon en 1808 déstabilise le gouvernement colonial. Les conflits se multiplient entre les Espagnols originaires de la métropole, qui dominent l’administration, le commerce et le clergé, et les créoles, d’origine espagnole, mais nés en Nouvelle-Espagne, qui constituent l’élite intellectuelle du pays et qui contrôlent l’appareil économique. Mais c’est dans les rangs des Indiens et des métis, méprisés par les Blancs, que se recrutent les insurgés de 1810. Le 16 septembre 1810, Miguel Hidalgo, un curé de paroisse, lance son célèbre Grito (cri) pour appeler les paysans à la révolte contre l’occupant espagnol. Il réussit à s’emparer de Guadalajara à la tête de 80 000 paysans, indiens et métis, puis à menacer Mexico. Cette première révolte est écrasée en 1811, et Hidalgo est exécuté. Un autre prêtre, José Maria Morelos, prend la tête d’un second soulèvement en 1814 mais il est à son tour exécuté en 1815. La résistance continue sous forme de guérilla.

Le 24 août 1821, le traité de Cordoba consacre l’indépendance du pays. La République fédérale, qui naît en 1824, connaît des débuts difficiles : 30 présidents en 50 ans, dont le plus célèbre, le général Santa Anna, qui sera 11 fois président.

José Maria Morelos (1765-1815)

Antonio Lopez de Santa Anna (1795-1876)

1825-1850, la guerre contre les États-Unis

Après avoir fait sécession en 1836, le Texas décide de rejoindre les États-Unis en 1846. Une guerre s’en suit : les États-Unis envahissent le Mexique. Avec le traité de Guadalupe Hidalgo de 1848, le Mexique cède aux États-Unis la moitié de son territoire (les États du Texas, d’Utah, d’Arizona, du Nouveau-Mexique et de Californie.

1857-1861, la Réforme

La défaite contre les États-Unis entraîne une remise en cause politique. Une fois Santa Anna chassé du pouvoir en 1854, le chef du Parti libéral Benito Juarez, un indien zapotèque originaire de Oaxaca, entreprend ses lois de Réforme.

Une Constitution radicale est adoptée en 1857 qui instaure la séparation de l’Église et de l’État, la vente des terres de l’Église et des grosses propriétés et l’égalité des citoyens devant la loi.
Les conservateurs soutenus par l’Église et l’armée se rebellent : c’est la guerre civile des Réformes (1858-1861) de laquelle les libéraux de Benito Juarez sortent vainqueurs au prix de milliers de victimes.

1864-1867, la guerre contre la France et la proclamation de la République

La victoire des libéraux sur les conservateurs après la guerre des Réformes pousse ces derniers vers Napoléon III, qui rêve d’instaurer un empire latin au Mexique pour contrer l’influence croissante des États-Unis alors engagés dans le guerre de sécession.

Prenant prétexte de la décision de Benito Juarez de suspendre les remboursements de la dette publique du Mexique à la France, Napoléon III décide l’envoi de troupes en 1864. Les français occupent le Mexique et mettent sur le trône Maximilien de Habsbourg.

Affaiblies par la guérilla les français se retirent en 1866. L’année suivante, Maximilien est fusillé et la République proclamée avec à sa tête Benito Juarez. Jusqu’à sa mort en 1872, il œuvrera en faveur de l’éducation et de la laïcisation du pays…
Ci-dessus : exécution de Maximilien, le 19 juin 1867.

1876-1911, vers la Révolution

Après la mort de Juarez, le général Porfiro Diaz s’empare du pouvoir en 1876 et dirige le Mexique d’une main de fer jusqu’en 1910. Sous sa dictature, le pays s’ouvre aux capitaux étrangers, l’industrie et les chemins de fer se développent (premiers hauts fourneaux d’Amérique latine, filatures des français des Barcelonettes, …).

Cette période, qui va de 1876 à 1911 et au cours de laquelle Porfiro Diaz est réélu six fois, est appelé le Porfiriato.
Malgré ces progrès économiques, les inégalités perdurent et le pouvoir dictatorial de Diaz est remis en cause au tournant du siècle par les paysans, dépouillés de leurs champs au profit des haciendas commerciales, et par les classes moyennes, qui souhaitaient une vraie démocratie.

1911-1930, la révolution :

+ En savoir plus sur la guerre civile mexicaine

Francisco Madero (1873-1913) Détail d’un mural

Trois hommes s’engagent dans le combat contre la dictature : Francisco (Pancho) Villa, pauvre péon devenu voleur de bétail, Emiliano Zapata, paysan indien en révolte contre les injustices du « porfiriat » et le libéral Francisco Madero, riche propriétaire éclairé et opposant modéré à la dictature. Le soulèvement national de 1910 contraint Diaz à l’exil (il mourra à Paris en 1915).
Elu président, Madero s’avère incapable de procéder à la redistribution des terres et doit affronter de nouveaux soulèvements. Il est assassiné en 1913 par le général Huerta. Carranza, Obregon et Villa, chef de la rébellion du Nord, et Zapata, à la tête des métis du Sud, ménent le combat contre l’usurpateur Huerta qui s’enfuit en 1916. Les divers chefs de faction se battent alors pour le pouvoir. Carranza devient le nouveau maître du pays et impose en 1917 la nouvelle Constitution libérale révolutionnaire (toujours en vigueur, bien qu’amendée). Dans un souci de justice sociale et d’apaisement, une réforme agraire alloue des parcelles en usufruit aux paysans. Le Mexique devient une république fédérale, dominée par la nouvelle bourgeoisie des villes.
Le pays sort exsangue de la révolution : un million de morts ou d’émigrés, effondrement du peso, infrastructures en ruines, … Les leaders révolutionnaires connaissent une fin tragique : Zapata est assassiné en 1917, Carranza en 1920 et Pancho Villa en 1923.

Emiliano Zapata (1879-1919), Détail d’un mural de Diego Rivera
+ En savoir plus sur le « Mouvement Muraliste »

Pancho Villa (1878-1923)

1930 à nos jours, le Mexique moderne

Dans les années 20 et 30, les généraux Obregon puis Calles et Cardenas, tous anciens révolutionnaires, réussissent peu à peu à pacifier la vie politique du pays, tout en préservant certains acquis de la révolution. Calles fonde la parti, dénommé depuis 1946 Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) dont seront issus tous les présidents du Mexique, jusqu’à nos jours.

Élu en 1934, le président Cardenas engage la réforme agraire, renforce les droits syndicaux, nationalise l’industrie pétrolière, encourage les investissements étrangers, fait construire un nouveau réseau routier et favorise le développement des industries agro-alimentaire, chimique, sidérurgique et métallurgique. En 1940, il refuse de briguer un second mandat, mais devient ministre de la Défense et chef suprême de l’armée jusqu’à sa mort en 1970.

1968 : Jeux Olympiques de Mexico

1970 : première coupe du monde de football à Mexico

Dans les années 70, sous le gouvernement de Lopez Portillo, le pays est presque en banqueroute et des prêts étrangers de près de 80 billions de dollars sont négociés pour financer des programmes de développement économique et social. La corruption et la mauvaise administration, ajoutées à la chute des prix du pétrole, entraînent une grave crise politique.

Miguel de la Madrid (1982-1988)

Successeur de Portillo, met en œuvre un programme de réformes économiques et de mesures contre la corruption, mais le succès de ce programme est limité.

1985 : un tremblement de terre fait 9000 morts à Mexico

1986 : deuxième coupe du monde de football à Mexico

Carlos Salinas (1988-1994)

La confiscation de la vie politique par le PRI pendant des décennies débouche sur une crise politique qui culmine sous la présidence de Carlos Salinas (1988-1994). Le corruption omniprésente et l’assassinat en 1994 de personnalités politiques du PRI obligent le président à fuir à l’étranger. Cette même année, la monnaie nationale s’effondre malgré l’entrée en vigueur de l’Accord de Libre Échange Nord-Américain signé avec les États-Unis et le Canada. Si la dépendance du Mexique à l’égard de son grand voisin du Nord s’est encore accrue, le pays, qui compte aujourd’hui plus de 100 millions d’habitants, s’ouvre de plus en plus au commerce international et il est devenu la quatorzième puissance mondiale.

Vicente Fox

En 1994, les zapatistes, dirigés par le commandant Marcos, investissent San Crisbobal de las Casas (État du Chiapas, sud du Mexique). Les 12 jours de combat font 145 morts.

En 1997, le PRI perd pour la première fois la majorité à la Chambre des députés (il réussit à maintenir le contrôle du Sénat).

En 2000, il perd les élections présidentielles face à Vicente Fox et Felipe Calderon successivement, candidats du Parti d’Action Nationale (PAN).

En 2012, la nouvelle génération du PRI à la tête de Enrique Peña Nieto retrouve la présidence du Mexique après douze ans dans l’opposition.