LE MEXIQUE
TAILLÉ SUR MESURE
newsletter
EN

Accueil > Géographie > Fleuves

Retour

FLEUVES

Malheureusement, les climats secs ou mi-secs dominent sur plus de la moitié du pays et ce manque d’humidité se répercute sur le régime fluvial. La plus grande partie des cours d’eau mexicains sont torrentueux en période de pluies, mais ont des étiages si faibles quand il ne pleut pas, qu’ils s’assèchent presque complètement. En revanche, beaucoup de ces fleuves débordent durant la saison des pluies. Très peu d’entre eux ont un débit permanent. L’embouchure de presque tous ces cours d’eau ne permet pas l’accès aux grands navires.

Les hautes chaînes montagneuses des Sierras Madres déterminent deux grands versants extérieurs : l’un face au Golfe du Mexique, l’autre face à l’Océan Pacifique. De plus, le relief mexicain comporte de profondes dépressions sans ouverture sur la mer, qui constituent autant de bassins fermés.

Nous ne citerons ici que les principaux cours d’eau de chaque versant océanique. Le fleuve le plus au nord du versant du Golfe du Mexique, le Rio Bravo se forme dans les Montagnes Rocheuses aux États-Unis et, dans son cours moyen, délimite une partie de la frontière entre le Mexique et ce pays. Il finit son cours près du port de Matamoros. Comme la plupart des régions qu’il traverse sont extrêmement sèches, son débit est faible, sauf pendant la saison des pluies et il n’est guère navigable. De plus, on utilise ses eaux pour l’irrigation.

Le Rio Panuco naît, sous le nom de Rio Moctezuma, dans le bassin oriental du Plateau de l’Anahuac. Dans son cours inférieur, il reçoit le nom de Panuco jusqu’à son embouchure sur le Golfe du Mexique, au niveau du port de Tampico.

Le Rio Papaloapan prend naissance à la jonction de deux cours d’eau : le Tehuacan, qui descend du sud-est des Sierras de Puebla, et le Quiotepec, issu de la Sierra Ixtlan. Après avoir serpenté le long d’ un étroit canon qu’il a creusé dans la Sierra Madre Orientale, ce fleuve reçoit l’apport de plusieurs affluents sur ses deux rives. Dans son cours inférieur, il traverse une plaine basse et inondable avant de se jeter dans la lagune d’Alvarado, à côté du port du même nom.

Le Coatzacoalcos est un fleuve au débit abondant. Il prend sa source dans la Sierra Atravesada et débouche au nord de l’Isthme de Tehuantepec. Le port de Coatzacoalcos est situé près de son embouchure.

Les plaines de Tabasco, les plus basses du Mexique, sont traversées par trois fleuves qui, avec leurs affluents, constituent un véritable réseau hydrographique. Deux d’entre eux, le Mezcalapa ou Chiapas, et l’Usumacinta, naissent au Guatemala. Le Grijalva se forme à la confluence de deux autres fleuves au sud de Villahermosa, la capitale du Tabasco. Le Grijalva est un fleuve court, mais dont les eaux sont très abondantes. Il se jette dans le Golfe du Mexique à hauteur de la barre de Frontera. Aux époques de crues, il reçoit les eaux d’un des bras du Mezcalapa sur la rive gauche et, sur la rive droite, celles d’un des bras de l’Usumacinta lequel, avant de déboucher, se divise en trois bras : celui de droite reçoit le nom de Palizada, celui du centre, de San Pedro, et celui de gauche - qui conflue avec le Grijalva, conserve le nom d’Usumacinta. Sur une grande partie de son cours moyen, il marque la frontière entre le Mexique et le Guatemala. Il est navigable sur presque toute sa longueur, soit 300 Km.

Voici, du sud au nord, les fleuves les plus importants du versant du Pacifique.

Le Rio Balsas prend naissance à la confluence de plusieurs rivières qui coulent, comme le Balsas lui-même, d’est en ouest entre l’Axe Volcanique et la Sierra Madre du Sud. Le lit de ce fleuve se situe dans la Dépression Australe. Son cours principal se jette dans l’Océan Pacifique sous le nom de Rio Zacatula.

Le Bassin du Lerma, qui occupe la portion occidentale du Plateau de l’Anahuac, est beaucoup plus étendu que celui du Panuco, situé à l’est. Le Rio Lerma prend naissance au pied du Nevado de Toluca. Il coule d’est en ouest et se jette dans la partie est du Lac Chapala. C’est dans ce lac, mais dans sa partie nord, que naît le Rio Santiago. Ce fleuve coule en direction du nord-est et verse ses eaux dans le Pacifique, à hauteur du port de San Blas.

Plus au nord, le Mayo est formé grâce à l’apport de plusieurs cours d’eau qui descendent des sierras dans de profonds ravins. Son cours est rapide avant d’atteindre le sud-ouest de la plaine côtière, puis ses eaux s’écoulent lentement jusqu’à la baie de Santa Barbara.

Le Yaqui est le fleuve le plus important du versant du Pacifique et son bassin est un des plus vastes du pays. Il descend de la Sierra en empruntant de très beaux cañons sauvages et serpente au milieu de paysages magnifiques. L’apport de nombreux affluents viennent gonfler son débit avant qu’il ne se jette dans l’océan près du port de Guaymas.

Tributaire du Golfe de Californie, le Rio Colorado prend sa source dans les Montagnes Rocheuses. Seuls 90 Km du parcours de ce fleuve se trouvent sur le territoire mexicain. Avant de parcourir une partie de la Basse Californie, un segment de son cours inférieur sert de limite entre le Mexique et les États Unis.

De nombreux cours d’eau naissent dans la région nord-ouest du versant pacifique de la Sierra Madre Occidentale, mais, étant donné l’aridité de la région, rares sont ceux qui parviennent jusqu’au Golfe de Californie. Leur débit s’épuise avant, soit sous l’effet de l’intense chaleur, soit par suite d’infiltration dans les terres asséchées.

Dans la Péninsule de Basse Californie, le tracé du relief et l’extrême sécheresse du sol empêchent la formation de cours d’eau importants, possédant un débit régulier, sauf dans le nord-ouest. Les deux versants de la péninsule sont sillonnés de profonds ravins secs et pierreux, qu’obstruent des matériaux entraînés par de forts courants nés de pluies rares, mais toujours orageuses. Celles-ci transforment les cours d’eau en torrents impétueux qui dévastent tout sur leur passage avant de se jeter avec violence dans la mer.

Nous avons déjà dit que le sol de la Péninsule du Yucatan est une dalle calcaire presque plate. Elle comporte cependant une unique série de collines appelées Sierritas qui se dressent dans la partie nord-ouest, près du littoral. Le Yucatan manque de cours d’eau en surface, car son terrain calcaire est perméable. L’eau de pluie s’infiltre pour former des lacs et des cours d’eau souterrains. La roche se dissout sous l’effet de l’eau et il arrive souvent que la voûte des grottes s’effrite et finalement s’effondre, laissant à découvert d’énormes puits, semblables aux dolinas, appelées localement cenotes.