Chichén Itzá est le site Maya le plus connu de la péninsule du Yucatán au Mexique et sûrement au monde. Élue en 2007 comme l’une des sept merveilles du monde moderne, la Pyramide de Kukulcán apparaît sur un grand nombre de brochures touristiques sur le Mexique. Le site, ouvert 365 jours par an, reçoit au minimum 3.500 visiteurs par jour et jusqu’à 8.000 visiteurs par jour en haute saison. Nous vous proposons un guide pratique et un peu d’histoire pour se rendre sur cet incontournable, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
Chichén Itzá, ville préhispanique du Yucatán
Le site archéologique de Chichén Itzá ne se limite pas à la seule Pyramide de Kukulcán. Ce sont plus de 300 hectares que recouvrent les ruines de la ville préhispanique. Sa fondation remonte à la période classique de la civilisation Maya.
Chichen Itza en français
Chichén Itzá signifie “au bord du puit de Itzaes” et se trouve à proximité d’au moins cinq cenotes, ces puits naturels qui parsèment cette région du Mexique et constituent ses principales ressources en eau. Aujourd’hui, situé non loin des stations balnéaires de la Riviera Maya telles que Playa del Carmen, Cancún ou encore Tulum, le site reçoit chaque jour un flux continu de touristes qui viennent lors de tours organisés par les grands complexes hôteliers. Il est toutefois possible de profiter du site sans trop de monde, en suivant ces quelques astuces.
Comment se rendre à Chichen Itza de manière indépendante
La nouveau train Maya
L’accessibilité du site s’est considérablement améliorée avec la mise en service du Train Maya, dont la station Chichen Itza est opérationnelle depuis janvier 2025. Cette infrastructure ferroviaire relie les principales destinations touristiques de la péninsule du Yucatan sur un réseau de 1 554 kilomètres.
État d’ouverture et liaisons : Le tronçon Campeche-Cancún est opérationnel depuis décembre 2023, permettant de rejoindre Chichen Itza depuis l’aéroport de Cancún, Mérida, Valladolid et les principales villes de la Riviera Maya.
Tarifs et classes : Le train propose deux classes de service. Au départ de l’aéroport de Cancún vers Chichen Itza, comptez 954 pesos (environ 47€) en première classe et 596,50 pesos (environ 29€) en seconde classe pour les touristes internationaux. Ces tarifs s’appliquent même aux résidents étrangers.
Horaires et contraintes pratiques : Les horaires actuels présentent certaines limitations. Depuis l’aéroport de Cancún, deux trains permettent d’arriver à temps pour visiter le site : départ à 9h30 (arrivée 10h44) ou 11h45 (arrivée 12h44). Pour le retour, les trains partent à 16h05 ou 17h47, laissant environ 3 à 5 heures sur place selon l’horaire choisi.
Connexion au site archéologique : La gare se trouve à quelques kilomètres du site. Un service de navette officiel (55 pesos par personne, environ 20 minutes de trajet) assure la liaison entre la station et l’entrée des ruines. Ce service intermodal fonctionne du lundi au dimanche à partir de 8h30.
Réservations : Les billets s’achètent exclusivement en ligne sur le site officiel www.eticket.mx/trenmaya ou dans les gares principales (pas dans les arrêts intermédiaires). La réservation ne peut se faire que 1,5 mois à l’avance environ, et les billets sont non remboursables.
Site officiel : www.trenmaya.gob.mx pour toutes les informations actualisées sur les horaires, tarifs et nouvelles sections mises en service.
Partir tot de Merida ou Valladoid
Le site archéologique se trouve entre les villes de Mérida et de Valladolid, au nord de la péninsule. Chichén Itzá se trouve à 45 kms de Valladolid (40 min en voiture), 120 kms de Mérida (1h30 de trajet) et 140 kms depuis Tulum (2 heures de route). La meilleure solution pour éviter l’afflux touristique est de se lever tôt et de s’y rendre en voiture de location.
Éviter les excursions groupées au départ de la Riviera Maya
En effet, la plupart des excursions proposées par les hôtels de la Riviera partent entre 7h30 et 8h00 du matin et mettent à peu près 3 heures de trajet pour se rendre à Chichén Itzá. En conséquence, jusqu’à 11h, il y a moins de groupes sur le site, et moins de touristes en général ! Dormir le jour précédent à Valladolid permet de réduire le temps de trajet et s’assurer d’être dans les premiers à l’ouverture du site à 8 heures du matin. Un parking surveillé et payant est disponible à l’entrée.
L’autre option est de s’y rendre par les transports en commun depuis les trois villes précédemment citées. La compagnie ADO , l’une des plus importantes du pays, propose des liaisons depuis Cancún, Playa del Carmen et Tulum. Les bus de cette compagnie sont sûrs, confortables, équipés de l’air conditionné et d’une prise pour recharger les appareils électroniques. Pour réaliser des économies, il est conseillé d’acheter son ticket à l’avance. L’arrêt de bus, à l’aller comme au retour est situé juste à l’entrée du site, permettant un accès facilité pour les personnes à mobilités réduites.
Les conseils sur place
La visite de Chichén Itzá se fait très souvent sous la forme d’un tour organisé d’une journée avec le déjeuner inclu dans l’excursion.
Restaurant ou pique nique
Pour les visiteurs faisant la visite par leurs propres moyens, il est conseillé d’emmener avec soi son déjeuner. Même si le site compte des restaurants et des bars, les prix sont largement plus élevés que dans le reste du Mexique pour une qualité laissant à désirer. Par ailleurs, il est important d’entrer sur le site avec des réserves d’eau.
Se protéger de la chaleur
Pour parcourir l’ensemble des ruines, il faut compter trois heures complètes et le site ne possède que peu d’endroits pour faire des pauses à l’ombre. Le soleil et la chaleur étant particulièrement forts, il ne faut pas oublier un chapeau, des lunettes de soleil et de la crème solaire !
Aussi est-il également préférable de porter des chaussures adaptées et commodes pour la marche. A l’entrée du site, un grand marché regroupe bars et restaurants, guides officiels et non-officiels et vendeurs d’artisanats en tout genre. Comme dans de nombreux endroits très touristiques, pensez à garder bien en vue vos effets personnels.
Un site bien préservé
L’attrait touristique de Chichén Itzá et sa renommée à l’international viennent du haut niveau de préservation du site qui en fait l’un des plus remarquables de la civilisation Maya du fait qu’il est l’un des sites les mieux préservés. C’est une expérience à couper le souffle ! Contrairement à d’autres sites comme Tikal au Guatemala, la ville n’a pas été abandonnée et engloutie pendant plus d’un siècle par la forêt tropicale.
Site fréquenté pendant la conquête espagnole
De fait, même pendant la période de la Conquête espagnole, les descendants Mayas ont continué à se rendre sur le site pour réaliser des rituels dans le Cenote sacré et sur la pyramide de Kukulcán, et les populations locales à vivre à proximité du site. En conséquence, Francisco de Montejo, conquistador du Yucatán a voulu faire, sans succès, de Chichén Itzá la capitale de la nouvelle colonie espagnole.
Chichén Itzá fascine les explorateurs et archéologues européens
Au XIXe siècle, le site suscite l’intérêt des explorateurs et des archéologues. Entre autres, l’archéologue français Désiré Charnay voyage en 1860 au Mexique afin de visiter et photographier les sites Mayas comme Palenque, Izamal, Uxmal et Chichén Itzá. L’exposition des clichés à son retour en France fascine le public parisien à tel point que l’empereur Napoléon III décide d’être le mécène de l’édition de son livre Cités et ruines américaines dans lequel il raconte ses découvertes illustrées de ces plus beaux clichés.
En 1894, Edward Herbert Thompson, archéologue et diplomate étasunien, achète l’Hacienda Chichén qui comprend les ruines de Chichén Itzá. Pendant plus de 30 ans, ce dernier va explorer l’ancienne cité. Il est notamment célèbre pour avoir plonger en scaphandre dans le Cenote Sacré dans lequel il a retiré des eaux de nombreux objets en or, cuivre et jade.
Un site finalement récupéré par l’état Mexicain et classé à l’Unesco
L’Etat essaye de récupérer le site à partir de l’année 1926, en expropriant Thompson, l’accusant d’avoir exploité et fait sortir du territoire mexicain nombres des trésors que regorgeaient le site.
Il faudra attendre 1972 pour que le site soit protégé par la Loi Fédérale sur les monuments et les zones historiques, puis 1986 pour qu’il soit classé comme monuments historiques. Deux ans plus tard, il fait son entrée dans la liste des monuments classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Une histoire hors-du-commun
Premières installations
Les premières preuves d’installation à Chichén Itzá remontent à 300 après J.C. Son aménagement et développement commence toutefois durant la période classique tardive de la civilisation Maya. Entre 750 et 900 après J.C., la ville se consolide et s’affirme peu à peu comme une place importante au sein de la péninsule.
Ascension de Chichén Itzá comme capitale régionale
Le Xe siècle consacre l’ascension de Chichén Itzá comme capitale régionale qui contrôle le centre de la péninsule jusqu’à sa côte nord.
La ville bénéficie du déclin des Cités-États des Basses Terres du Sud qui dominaient jusqu’alors une vaste partie de la péninsule. En parallèle, les villes de Cobá et Yaxuna, les deux alliées rivales de Chichén Itzá, se retrouvent également en perte de vitesse, jouant à la faveur de cette dernière. Chichén Itzá devient alors une cité qui regroupent des pouvoirs politiques, économiques et religieux importants.
La pyramide de Kukulcán et sa symbolique
L’opulence du site préhispanique se perçoit notamment dans son architecture et plus particulièrement en admirant la Pyramide de Kukulcán. Le temple, appelé par les Conquistadors espagnols “El Castillo”, était dédié au dieu Maya Kukulcán, le Serpent à plumes. Le temple est élevé au cours du XIIe siècle sur des constructions antérieures. Il répond à une orientation précise et une mathématique en lien avec le calendrier solaire. Lors des équinoxes et du solstice d’été des jeux d’ombres évoquent l’ondulation du corps d’un serpent, le dieu Kukulcán. Autre aspect à noter : le nombre total de marches sur chacun des quatre côtés, représentent le calendrier solaire et l’ensemble de l’architecture symbolise le calendrier maya.
Le Cenote sacré, ou Cenote Xtoloc
Egalement remarquable, le Cenote sacré, ou Cenote Xtoloc, est un autre centre de rituels religieux : il était le lieu d’offrandes et de sacrifices humains, de nombreux ossements d’enfants ont été retrouvés dans son fond, le bleu de ces eaux représente le sacré dans la symbolique Maya. En face de la pyramide se dresse l’observatoire, également appelé caracol, où les Mayas étudiaient avec précision le mouvement des étoiles. À proximité se tient le plus grand terrain de jeu de balle de la Mésoamérique. Le jeu de balle était un sport rituel qui en se jouant connectait les joueurs avec la mort. Chichén Itzá comptait jusqu’à 13 terrains ! A cela s’ajoute de nombreux temples, comme celui des Guerriers Jaguars ou encore le temple des milles colonnes pour n’en citer que deux. Tous ces éléments confirment l’importance de la métropole préhispanique.
Le déclin progressif de Chichen Itza
Selon l’interprétation des écrits Mayas de l’époque, Hunac Ceel, empereur de Mayapan a conquis Chichén Itzá au XIIe siècle. Selon la coutume en vigueur, les habitants étaient jetés dans le Cenote sacré : s’ils survivaient, ils possédaient alors le pouvoir de prophétie. Lorsque Hunac Ceel s’empara de Chichén Itzá, il n’y eu aucun survivant durant la cérémonie, l’empereur sauta à son tour dans le cenote et quand il sortit, il fit la prophétie de sa propre ascension.
Les archéologues ont mis en évidence que Chichén Itzá n’avait pas été saccagée par Mayapan à cette période, où du moins pas lorsque Chichén Itzá était un centre urbain actif. Ces derniers datent le déclin de la ville comme métropole régionale de la péninsule vers 1100, soit avant l’émergence de Mayapan. Après la chute des élites de la ville, Chichén Itzá n’aurait pour autant pas été complètement abandonnée et des populations locales ont continué de vivre dans les environs.
A couper le souffle, incontournable, hors-du-commun… nombreux sont les adjectifs pour qualifier Chichén Itzá, un site qui mérite sans conteste le détour.
Chichen Itza : Les découvertes récentes
Ces dernières années ont été particulièrement riches en découvertes qui transforment notre vision de cette ancienne cité maya du Yucatan.
Une sculpture de guerrier maya exceptionnelle (2024)
L’une des trouvailles les plus remarquables de ces derniers mois est une sculpture représentant un guerrier maya, coiffé d’un casque en forme de serpent à plumes aux mâchoires ouvertes. Cette œuvre de 33 cm de haut a été découverte dans le temple 6 de Maudslay, dans le complexe de la Casa Colorada, et semble remonter à la première période d’occupation du site. Cette découverte s’inscrit dans le cadre des travaux de sauvetage archéologique menés parallèlement à la construction du Train Maya.
La grotte Balamku : un trésor scientifique intact
L’une des découvertes les plus spectaculaires reste celle de la grotte Balamku, véritable trésor scientifique contenant des centaines de vestiges de très grande valeur, vieux de 1000 ans et dans un état de conservation exceptionnel. Les archéologues ont identifié plus de 155 artéfacts rituels, notamment des brûleurs d’encens en céramique, des vases et des assiettes décorées.
Découverte il y a plus de 50 ans par la population locale, elle avait été mystérieusement murée par un archéologue de l’époque. Ce n’est qu’en 2019 que l’archéologue Guillermo de Anda l’a redécouverte et ouverte, révélant des objets abandonnés par les Itzás dans ce qu’ils considéraient comme une entrée vers le monde souterrain des dieux.
Chichen Viejo : une nouvelle fenêtre sur le passé
L’année 2023 a marqué un tournant pour les visiteurs avec la restauration et l’ouverture de Chichén Viejo, une zone longtemps fermée de Chichén Itzá. Cette section révèle le premier complexe résidentiel connu où un dirigeant vivait avec toute sa famille, comprenant l’arche d’entrée, la Maison des Escargots, la Maison de la Lune, et le Palais des Phallus. Ces structures offrent un aperçu inédit de la vie quotidienne de l’élite maya, un aspect jusqu’alors peu documenté sur le site.
Le mystérieux disque de pierre aux glyphes inédits
En avril 2023, la découverte d’un disque de pierre surnommé « tableau de bord maya » a fait sensation dans le monde entier. Sa valeur scientifique est considérable car il contient les premiers glyphes lisibles trouvés à Chichén Itzá en plus de 11 ans, ouvrant potentiellement de nouvelles perspectives sur l’écriture et les pratiques administratives du site.
Les révélations de la génétique moderne
Les nouvelles technologies apportent également leur lot de révélations. Une analyse génétique des victimes sacrificielles trouvées près de Chichén Itzá a permis de mieux comprendre les pratiques rituelles et l’origine des personnes impliquées dans ces cérémonies.
Ingénierie hydraulique maya
Les recherches ont également mis au jour un système étendu de gestion de l’eau comprenant un réseau de canaux et de réservoirs qui facilitait l’approvisionnement en eau pour l’agriculture et la vie quotidienne. Cette découverte souligne le génie hydraulique des Mayas et leur capacité d’adaptation à leur environnement.
Informations pratiques pour votre visite en 2025
Le nouveau Grand Musée Maya : une expérience immersive
L’infrastructure touristique de Chichen Itza s’est considérablement enrichie avec l’inauguration du Gran Museo Maya de Chichén Itzá en février 2024. Ce musée abrite plus de 1 000 pièces, dont 400 originales provenant de diverses institutions et de découvertes récentes liées au projet du Train Maya.
Le parcours muséographique s’articule autour de 14 axes thématiques, avec comme point d’orgue la Salle du Cenote Sacré qui propose une recréation multimédia de ce site cérémoniel. Cette nouvelle infrastructure permet aux visiteurs de contextualiser leur visite du site archéologique avec une compréhension approfondie de la civilisation maya.
Tarifs et modalités d’accès 2025
Les prix d’entrée ont évolué ces dernières années. En 2025, les visiteurs étrangers doivent s’acquitter de 617 pesos mexicains au total, répartis entre 85 pesos pour le gouvernement fédéral et 643 pesos pour le gouvernement du Yucatán. Cette tarification à deux niveaux nécessite l’achat de deux tickets distincts au même guichet.
Les citoyens mexicains bénéficient d’un tarif préférentiel et de la gratuité le dimanche sur présentation d’une pièce d’identité. Cette mesure vise à favoriser l’accès du patrimoine national aux résidents du pays.
Horaires optimaux et conseils de visite
Le site est ouvert quotidiennement de 8h00 à 17h00, mais les créneaux les plus propices sont le matin très tôt ou en fin d’après-midi, lorsque l’affluence touristique diminue et que les températures sont plus clémentes.
Pour une expérience optimale, privilégiez une arrivée dès 8h00, ce qui vous permettra d’admirer les monuments principaux dans une relative tranquillité avant l’arrivée des cars de touristes vers 10h00.
Révolution des transports : le Train Maya
L’accessibilité du site s’est considérablement améliorée avec la mise en service du Train Maya, qui dessert une station située à quelques kilomètres seulement du site archéologique. Cette nouvelle liaison ferroviaire moderne facilite grandement l’accès depuis les principales destinations touristiques de la péninsule du Yucatan, notamment Cancún, Playa del Carmen et Mérida.