
XVIIIe siècle, vers l'indépendance
Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, la "Nouvelle Espagne" jouissait d'une indépendance relative vis-à-vis de la Couronne d'Espagne.
En 1700, la dynastie des Bourbons, qui accède au trône d'Espagne remet en cause cette autonomie : centralisation du pouvoir royal, affaiblissement de l'Eglise, création d'une armée régulière, augmentation des impôts, …
Les relations entre Espagne et Mexique se tendent. Le mécontentement gagne les élites créoles, écartées des responsabilités politiques et administratives, et pénétrées par les idées libérales des Lumières.
1800-1825, l'indépendance
La révolution américaine de 1776 et la défaite des Bourbons vaincus par Napoléon en 1808 déstabilise le gouvernement colonial. Les conflits se multiplient entre les Espagnols originaires de la métropole, qui dominent l'administration, le commerce et le clergé, et les créoles, d'origine espagnole, mais nés en Nouvelle-Espagne, qui constituent l'élite intellectuelle du pays et qui contrôlent l'appareil économique. Mais c'est dans les rangs des Indiens et des métis, méprisés par les Blancs, que se recrutent les insurgés de 1810. Le 16 septembre 1810, Miguel Hidalgo, un curé de paroisse, lance son célèbre grito (cri) pour appeler les paysans à la révolte contre l'occupant espagnol. Il réussit à s'emparer de Guadalajara à la tête de 80.000 paysans, indiens et métis, puis à menacer Mexico. Cette première révolte est écrasée en 1811, et Hidalgo est exécuté. Un autre prêtre, José Maria Morelos, prend la tête d'un second soulèvement en 1814 mais il est à son tour exécuté en 1815. La résistance continue sous forme de guérilla.
Le 24 août 1821, le traité de Cordoba consacre l'indépendance du pays. La République fédérale, qui naît en 1824, connaît des débuts difficiles : 30 présidents en 50 ans, dont le plus célèbre, le général Santa Anna, qui sera 11 fois président.
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José Maria Morelos (1765-1815) |
Antonio Lopez de Santa Anna (1795-1876) |
1825-1850, la guerre contre les Etats-Unis
Après avoir fait sécession en 1836, le Texas décide de rejoindre les Etats-Unis en 1846. Une guerre s'en suit : les Etats-Unis envahissent le Mexique. Avec le traité de Guadalupe Hidalgo de 1848, le Mexique cède aux Etats-Unis la moitié de son territoire (les Etats du Texas, d'Utah, d'Arizona, du Nouveau-Mexique et de Californie.
1857-1861, la Réforme
La défaite contre les Etats-Unis entraîne une remise en cause politique. Une fois Santa Anna chassé du pouvoir en 1854, le chef du Parti libéral Benito Juarez, un indien zapotèque originaire d'Oaxaca, entreprend ses lois de Réforme.
Une Constitution radicale est adoptée en 1857 qui instaure la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la vente des terres de l'Eglise et des grosses propriétés et l'égalité des citoyens devant la loi.
Les conservateurs soutenus par l'Eglise et l'armée se rebellent : c'est la guerre civile des Réformes (1858-1861) de laquelle les libéraux de Benito Juarez sortent vainqueurs au prix de milliers de victimes.
1864-1867, la guerre contre la France et la proclamation de la République
La victoire des libéraux sur les conservateurs après la guerre des Réformes pousse ces derniers vers Napoléon III, qui rêve d'instaurer un empire latin au Mexique pour contrer l'influence croissante des Etats-Unis alors engagés dans le guerre de sécession.
Prenant prétexte de la décision de Benito Juarez de suspendre les remboursements de la dette publique du Mexique à la France, Napoléon III décide l'envoi de troupes en 1864. Les français occupent le Mexique et mettent sur le trône Maximilien de Habsbourg.
Affaiblies par la guérilla les français se retirent en 1866. L'année suivante, Maximilien est fusillé et la République proclamée avec à sa tête Benito Juarez. Jusqu'à sa mort en 1872, il oeuvrera en faveur de l'éducation et de la laïcisation du pays..
Ci-dessus : exécution de Maximilien, le 19 juin 1867.
1876-1911, vers la révolution
Après la mort de Juarez, le général Porfiro Diaz s'empare du pouvoir en 1876 et dirige le Mexique d'une main de fer jusqu'en 1910. Sous sa dictature, le pays s'ouvrent aux capitaux étrangers, l'industrie et les chemins de fer se développent (premiers hauts fourneaux d'Amérique latine, filatures des français des Barcelonettes, ...).
Cette période, qui va de 1876 à 1911 et au cours de laquelle Porfiro Diaz est réélu six fois, est appelé le Porfiriato.
Malgré ces progrès économiques, les inégalités perdurent et le pouvoir dictatorial de Diaz est remis en cause au tournant du siècle par les paysans, dépouillés de leurs champs au profit des haciendas commerciales, et par les classes moyennes, qui souhaitaient une vraie démocratie.
1911-1930, la révolution : + En savoir plus sur la guerre civile mexicaine
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Trois hommes s'engagent dans le combat contre la dictature : Francisco (Pancho) Villa, pauvre péon devenu voleur de bétail, Emiliano Zapata, paysan indien en révolte contre les injustices du "porfiriat" et le libéral Francisco Madero, riche propriétaire éclairé et opposant modéré à la dictature. Le soulèvement national de 1910 contraint Diaz à l'exil (il mourra à Paris en 1915).
Elu président, Madero s'avère incapable de procéder à la redistribution des terres et doit affronter de nouveaux soulèvements. Il est assassiné en 1913 par le général Huerta. Carranza, Obregon et Villa, chef de la rébellion du Nord, et Zapata, à la tête des métis du Sud, ménent le combat contre l'usurpateur Huerta qui s'enfuit en 1916. Les divers chefs de faction se battent alors pour le pouvoir. Carranza devient le nouveau maître du pays et impose en 1917 la nouvelle Constitution libérale révolutionnaire (toujours en vigueur, bien qu'amendée). Dans un souci de justice sociale et d'apaisement, une réforme agraire alloue des parcelles en usifruit aux paysans. Le Mexique devient une république fédérale, dominée par la nouvelle bourgeoisie des villes.
Le pays sort exsangue de la révolution : un million de morts ou d'émigrés, effondrement du peso, infrastructures en ruines, ... Les leaders révolutionnaires connaissent un fin tragique : Zapata est assassiné en 1917, Carranza en 1920 et Pancho Villa en 1923. |
Francisco Madero (1873-1913)
Détail d'un mural |
1930 à nos jours, le Mexique moderne
Dans les années 20 et 30, les généraux Obregon puis Calles et Cardenas, tous anciens révolutionnaires, réussissent peu à peu à pacifier la vie politique du pays, tout en préservant certains acquis de la révolution. Calles fonde la parti, dénommé depuis 1946 Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) dont seront issus tous les présidents du Mexique, jusqu'à nos jours.
Elu en 1934, le président Cardenas engage la réforme agraire, renforce les droits syndicaux, nationalise l'industrie pétrolière, encourage les investissements étrangers, fait construire un nouveau réseau routier et favorise le développement des industries agro-alimentaire, chimique, sidérurgique et métallurgique. En 1940, il refuse de briguer un second mandat, mais devient ministre de la Défense et chef suprême de l'armée jusqu'à sa mort en 1970.
1968 : Jeux Olympiques de Mexico
1970 : première coupe du monde de football à Mexico
Dans les années 70, sous le gouvernement de Lopez Portillo, le pays est presque en banqueroute et des prêts étrangers de près de 80 billions de dollars sont négociés pour financer des programmes de développement économique et social. La corruption et la mauvaise administration, ajoutées à la chute des prix du pétrole, entraînent une grave crise politique.
Miguel de la Madrid (1982-1988)
successeur de Portillo, met en oeuvre un programme de réformes économiques et de mesures contre la corruption, mais le succès de ce programme est limité.
1985 : un tremblement de terre fait 9000 morts à Mexico
1986 : deuxième coupe du monde de football à Mexico
La confiscation de la vie politique par le PRI pendant des décennies débouche sur une crise politique qui culmine sous la présidence de Carlos Salinas (1988-1994). Le corruption omniprésente et l'assassinat en 1994 de personnalités politiques du PRI obligent le président à fuir à l'étranger. Cette même année, la monnaie nationale s'eefondre malgré l'entrée en vigueur de l'Accord de Libre Echange Nord-Américain signé avec les Etats-Unis et le Canada. Si la dépendance du Mexique à l'égard de son grand voisin du Nord s'est encore accrue, le pays, qui compte aujourd'hui plus de 100 millions d'habitants, s'ouvre de plus en plus au commerce international et il est devenu la seizième puissance mondiale.
En 1994, les zapatistes, dirigés par le commandant Marcos, investissent San Crisbobal de las Casas (Etat du Chiapas, sud du Mexique). Les 12 jours de combat font 145 morts.
En 1997, le PRI perd pour la première fois la majorité à la Chambre des députés (il réussit à maintenir le contrôle du Sénat).
En 2000, il perd les élections présidentielles face à Vicente Fox, le candidat du Parti d'Action Nationale (PAN).
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